Évolution réglementaire relative à Listeria monocytogenes : quels impacts pour les exploitants du secteur alimentaire ?

Date de publication :
vendredi, août 07, 2026
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Évolution réglementaire relative à Listeria monocytogenes : quels impacts pour les exploitants du secteur alimentaire ?

Comme annoncé dans notre Focus 77 de mars 2025, le règlement européen CE N°2073/2005(2) a évolué concernant les exigences applicables à Listeria monocytogenes dans les denrées prêtes à être consommées (PAM). Ces modifications, introduites par le Règlement (UE) 2024/2895(1), sont applicables depuis le 1er juillet 2026 et visent à renforcer la protection du consommateur face au risque de listériose.

Ces évolutions ont conduit la DGAL à mettre à jour le Guide d'aide à la gestion des alertes afin de préciser les modalités d'application de ces nouvelles dispositions en France. 

Ce qui change au niveau Européen

L’évolution au niveau Européen(2) concerne uniquement les denrées PAM permettant le développement de Listeria monocytogenes (catégorie 1.2) pour lesquelles le fabricant n'est pas en mesure de démontrer le respect de la limite de 100 ufc/g pendant toute la durée de conservation.

Désormais, dans ce cas, le critère « Non détecté / 25g » s'applique une fois le produit mis sur le marché et pendant toute sa durée de vie et non plus uniquement avant sa sortie du contrôle direct du fabricant. 

En pratique :

  • Les fabricants qui disposent d'études démontrant que le produit reste inférieur à 100 ufc/g jusqu'à la fin de sa durée de conservation conservent la possibilité d'appliquer le critère de 100 ufc/g ;
  • Les fabricants ne disposant pas de cette démonstration doivent désormais garantir l'absence dans 25 g tout au long de la durée de vie du produit mis sur le marché.
  • La démonstration de maîtrise devant être établie en amont de la commercialisation et non plus a posteriori comme autorisé auparavant.

Ce qui change au niveau Français 

Si cette évolution réglementaire marque un changement important à l'échelle européenne, les exploitants français disposent déjà d'une expérience significative dans sa mise en œuvre. Ces évolutions s'inscrivent en effet dans la continuité des dispositions du Guide d'aide à la gestion des alertes (3), qui appliquait déjà en France des exigences très similaires en matière de gestion du risque Listeria monocytogenes.

Une évolution majeure a toutefois été introduite avec la mise à jour du Guide(4). Désormais, pour les denrées PAM permettant le développement, sans preuve préalable que le seuil de 100 ufc/g est respecté pendant toute la durée de vie, une notification à l'administration devra être réalisée dès l'obtention d'un résultat « détecté dans 25 g », y compris lorsque l'analyse est effectuée à DLC. Auparavant, pour les analyses réalisées en fin de durée de vie, une tolérance allant jusqu'à 100 ufc/g était admise avant qu'une notification ne soit requise. Une des justifications étant notamment liée à la variance inhérente aux dénombrements réalisés en fin de vie.

Pour les analyses mises en œuvre à DLC, l’information des consommateurs n’est cependant attendue que pour les situations dans lesquelles des teneurs supérieures à 100 ufc/g sont identifiées, lorsque le dénombrement n’est pas mis en œuvre ou lorsque des cas humains de listériose sont suspectés ou confirmés.

Eléments complémentaires cités dans le Guide de gestion des alertes 

Une clarification est apportée concernant la condition « durée de vie du produit < 5 jours », permettant de classer les denrées PAM en tant que ne permettant pas le développement (catégorie 1.3) : Cette durée concerne bien uniquement la durée de vie totale du produit et non pas une durée de vie résiduelle.

Dans le cas de produits manipulés en magasin à partir de produits industriels et disposant d’une durée de vie secondaire < 5 jours, il sera aussi nécessaire d’effectuer une analyse de risque pour justifier du maintien de la denrée dans la catégorie 1.3.

Pour rappel, le classement en catégorie 1.3 de ces produits est sous réserve d’une température de conservation adaptée et d’une prévalence faible(5).

Quels impacts pour les entreprises agroalimentaires ?

Les exploitants commercialisant des denrées PAM permettant le développement de Listeria monocytogenes ont tout intérêt à vérifier que leurs données de validation répondent aux nouvelles exigences réglementaires afin d'éviter qu'une simple détection dans 25 g, même à DLC, ne conduise à une situation d'alerte.

Cette évolution réglementaire renforce donc l'importance de la justification documentaire de la maîtrise du risque Listeria monocytogenes et de la validation des durées de vie

Comment Eurofins peut vous accompagner ?

Eurofins accompagne les acteurs de l'agroalimentaire dans l'évaluation et la démonstration de la maîtrise du risque Listeria monocytogenes au travers :

  • D'études de durée de vie microbiologique (tests de vieillissements, tests de croissance et microbiologie prévisionnelle) ;
  • D'analyses pour s’assurer de la conformité vis-à-vis des critères microbiologiques ;
  • D'expertises techniques et réglementaires permettant de documenter la conformité des produits au regard des nouvelles exigences européennes.

Nous mettons ainsi toutes nos compétences techniques et notre expertise pour garantir la sécurité microbiologique de vos produits et ce tout au long de leur durée de vie.

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(1) : Règ. UE 2895/2004 

(2) : Règ. CE 2073/2005 

(3) : IT DGAL/MUS/2023-11 et IT DGAL/MUS/2024-81 

(4) : IT DGAL/MUS/2026-400 

(5) : IT DGAL/SDSSA/2023-27