Huiles minérales MOAH : anticipez dès maintenant les futures limites maximales officielles

[Article de la newsletter de juillet 2026] 

La gestion du risque lié aux hydrocarbures d’huiles minérales (MOH) franchit aujourd’hui une étape clé en Europe. Après plusieurs années de surveillance et d’évaluations scientifiques par l’EFSA, et après un vote au parlement en mai, la Commission européenne travaille désormais à l’intégration de limites maximales contraignantes pour les MOAH (Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons). Cette évolution attendue va donc devenir désormais structurante pour les acteurs de l’agroalimentaire.

Un enjeu sanitaire

Les MOH regroupent deux grandes familles : les MOSH (hydrocarbures saturés) et les MOAH (hydrocarbures aromatiques). Ces composés peuvent contaminer les aliments tout au long de la chaîne de production : matières premières, procédés industriels, lubrifiants, ou encore migration depuis les emballages en papier/carton recyclé.

Sur le plan toxicologique et sanitaire, ce sont les MOAH qui sont les plus préoccupantes. En effet, certaines fractions, notamment celles comportant trois cycles aromatiques ou plus, présentent un potentiel génotoxique et cancérogène. C’est ce qui justifie une approche réglementaire stricte.

 

Des seuils déjà utilisés comme référence

Dans l’attente d’un cadre réglementaire formalisé, les autorités européennes ont défini des niveaux maximaux de référence utilisés depuis 2022 pour l’interprétation des résultats analytiques. Ceux-ci varient selon la teneur en matières grasses des produits :

  • 0,5 mg/kg pour les denrées ≤ 4 % de matières grasses
  • 1,0 mg/kg pour les denrées entre 4 % et 50 %
  • 2,0 mg/kg pour les denrées > 50 %

Vers des limites maximales obligatoires

Le projet de règlement européen prévoit d’intégrer ces valeurs dans le règlement (UE) 2023/915 relatif aux contaminants, avec une application attendue vraisemblablement à partir du 1er janvier 2027 pour la majorité des denrées alimentaires.

Des limites spécifiques sont également envisagées pour certaines catégories, notamment les huiles végétales et les matières grasses, avec des seuils progressifs visant à converger vers 2 mg/kg dans un horizon à moyen terme.

Parallèlement, un dispositif de surveillance des MOSH et des MOAH sera maintenu, afin de continuer à améliorer la connaissance des sources de contamination et d’accompagner les opérateurs dans une démarche d’amélioration continue.

Quels impacts pour les acteurs de l’agroalimentaire ?

Cette évolution réglementaire implique plusieurs enjeux opérationnels :

  • Renforcer la maîtrise des risques à la source (matières premières, emballages, process)
  • Adapter les plans de contrôle analytique, avec des méthodes adaptées et des limites de quantification maîtrisées
  • Anticiper les exigences clients et distributeurs, souvent en avance sur la réglementation
  • Documenter les démarches de réduction du risque, dans une logique de « niveau le plus bas raisonnablement atteignable ».

Se préparer dès aujourd’hui

Dans ce contexte de transition réglementaire, la phase actuelle est déterminante pour anticiper les futures exigences. Les acteurs de l’agroalimentaire ont tout intérêt à évaluer maintenant leur exposition, identifier les sources potentielles de contamination et mettre en place des stratégies de réduction les plus adaptées.

C’est dans ce cadre que l’expertise analytique joue un rôle clé pour sécuriser durablement les produits et les marchés.

L'accompagnement du réseau des laboratoires Eurofins

Grâce à la force de notre réseau, nous accompagnons les acteurs concernés avec des analyses de pointe pour les MOSH/MOAH :

  • Méthodes conformes aux dernières recommandations (LC-GC-FID)
  • Détection à des niveaux très bas
  • Aide à la lecture des résultats au regard de cette nouvelle future réglementation

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